JEIC vous parle de l’open innovation

PME ou grandes multinationales cotées en bourse, lorsque que nous évoquons les dernières révolutions en matière de Recherche & Développement (R&D), un terme revient régulièrement : l’open innovation. Alors, qu’est-ce qui se cache derrière ce concept, pourquoi a-t-il eu l’effet d’une révolution, quelles sont ses conséquences sur les entreprises et comment s’en servent-elles pour se développer. Aujourd’hui, nous rentrons dans les secrets de fabrication.

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De manière simplifiée, un laboratoire R&D est scindé en deux parties : une première partie Recherche et une deuxième partie Développement. Dans cette configuration, la seconde partie donne vie aux travaux réalisés par la première, sous la forme de produits disponibles sur le marché. Toutefois, on constate dans ces laboratoires que des recherches n’aboutissent pas car elles ne trouvent pas leur place dans les marchés ciblés par l’entreprise. L’open innovation résulte alors de la commercialisation des recherches qui ne servent pas l’entreprise mais aussi, consiste à apporter des idées extérieures pour le développement de nouveaux produits. On parle aussi de Recherche & Développement collaboratif.

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Le concept a l’air si évident qu’il est difficile d’y voir une quelconque révolution, or il constitue bien le résultat d’une évolution des comportements de la société. Si l’on fait un bond en arrière, pour revenir dans les années  1970, on s’aperçoit que les entreprises étaient très protectrices, afin d’éviter l’intrusion et l’espionnage industriel. Cependant, deux phénomènes vont pousser les entreprises à faire tomber leurs barrières. Le premier, c’est l’amélioration des conditions de vie des populations des pays dits riches et la deuxième, la croissance fulgurante des évolutions technologiques, notamment d’Internet. Ces phénomènes vont modifier la manière qu’a la société de consommer. Cette dernière, ayant les moyens d’acquérir et toujours attirés par plus de diversité, à un rythme toujours plus soutenu, forme une demande exigeante. Or, pour permettre aux entreprises de rencontrer la demande et rester compétitifs, ils doivent dépenser des sommes colossales en Recherche et Développement ; d’autant plus que toutes les recherches ne se soldent pas toutes par des succès commerciaux. L’open innovation apparaît alors comme la solution miracle, qui permet aux entreprises de valoriser leurs recherches inutiles, d’accélérer la démarche de mise sur le marché de nouveaux produits, de réduire leurs coûts en R&D et même, d’améliorer les rendements des produits lancés. En effet, l’entreprise, qui disposait d’un nombre limité d’idées, se retrouve en face d’un potentiel infini de partenaires.

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L’open innovation a donc eu plusieurs effets notoires. Tout d’abord, elle modifie le comportement des salariés travaillant dans la section recherche qui nourrissaient une certaine frustration à ne pas voir leurs recherches utilisées. Ensuite, elle change le comportement des entreprises vis-à-vis de leurs fournisseurs, susceptibles de devenir de précieux partenaires. Enfin, de nouveaux métiers liés à la gestion des brevets et à la propriété intellectuelle se sont développés. Ces derniers ont pour but de protéger les intérêts des entreprises et d’établir des partenariats équitables.

Les entreprises vont alors disposer de plusieurs techniques, à l’image de Procter & Gamble, spécialiste des produits de grande consommation précurseur de l’open innovation. Ils utilisent un large panel de ressources disponibles en investissant et en développant des accords de co-développement et des partenariats avec des chercheurs, des académiciens, des universitaires, des particuliers, des petites et grandes entreprises, voire des concurrents. L’objectif est de raccourcir les délais et de réduire les coûts de Recherche & Développement, afin de soutenir une demande toujours plus vaste et précise à la fois.

Ces dernières décennies ont donc vu l’avènement des projets collaboratifs et ont initié un réel changement dans la manière de manager la Recherche et le Développement des entreprises. Bien qu’arrivé plus récemment en France, aujourd’hui, près de 23% des PME françaises pratiquent l’open innovation. A l’image de la société, elles sont de plus en plus connectées et accroissent la quantité de projets communautaires. Alors même que nous pensons vivre dans une société où le désir égoïste prime, nous n’avons jamais créé autant de liens pour les satisfaire. 

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Rédacteur : Mathieu BERLAUD

Sources : conférence de Henry Chesbrough de 2011 à Bruxelles, documentaire BFM d’Alain Pirot – l’innovation fait sa révolution, www.entrepriseglobal.biz

Crédits photos : veillebrevet.com, www.roderen.fr

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