JEIC vous parle des serious games

Les serious games, que l’on peut traduire en français par « jeux sérieux », prennent une place de plus en plus importante dans les entreprises. En gestion des ressources humaines, notamment pour le recrutement, de grandes entreprises se sont déjà lancées dans l’aventure.

Candidats : A vos marques ? Prêts ? Jouez !

Les serious games sont utilisés pour le recrutement, la formation et le développement des compétences, l’évaluation des salariés, ou encore la gestion de la diversité. Les ressources humaines peuvent s’appuyer sur cet outil pour respecter le cadre juridique auquel elles sont soumises mais également s’insérer dans le processus RSE (Responsabilité Sociétale et Environnementale) que mettent en place les entreprises.

Kezako ? 

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Un serious game est un jeu vidéo qui traite de sujets sérieux et remplit dès sa conception un objectif utilitaire. Celui-ci peut permettre de mieux apprendre, sensibiliser, informer, communiquer, et même de s’entraîner mentalement ou physiquement. Pour être le plus attractif possible, il est souvent interactif et ludique.

Les serious games touchent de nombreux secteurs d’activité : armée (dont il est originaire), éducation, commerce, communication, santé, etc. Ils sont également destinés à des publics divers, tels que les employés, clients, patients et candidats à l’embauche.

En termes de gestion des ressources humaines, l’utilisation croissante du serious game traduit tout d’abord une évolution importante de ce domaine à travers la technologie et l’ « e-GRH », mais également une volonté de ciblage plus précis et efficace.

Depuis septembre 2013, c’est la méthode qu’a choisie le cabinet d’audit et de conseil Accenture, pour recruter une partie de ses futurs collaborateurs. Placés en situation de conseil vis-à-vis d’une société, les candidats se glissent pendant une heure dans la peau d’un consultant junior. Celui-ci reste tout de même complémentaire aux techniques plus traditionnelles, à l’image des CV, lettres de motivation, entretiens d’embauche, etc.

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Quels apports ?

Au cours de leur étude menée auprès d’expert en GRH et retracée dans l’article « Serious games et recrutement : quels enjeux de recherche en gestion des ressources humaines », Isabelle Galois-Faurie et Alain Lacroux montrent les bénéfices de cette nouvelle pratique.  

Tout d’abord, ce nouveau concept profite à l’image de l’entreprise. En effet, cette approche jeu vidéo attire davantage les « digital native » qui s’intègrent actuellement sur le marché du travail et montrent un intérêt particulier pour les nouvelles technologies. De plus, il semble que l’utilisation d’un serious game se révèle finalement économique pour une entreprise, malgré un investissement de départ relativement élevé. Le serious game d’Accenture a, par exemple, coûté presque 150 000 euros et a nécessité 6 mois de travail.

Ensuite, les serious games permettent d’optimiser l’objectivité du recruteur vis-à-vis du candidat, en se concentrant sur ses aptitudes uniquement. En effet, le candidat est représenté par un avatar, plongé dans un environnement différent du cadre de son travail. Ainsi, seules ses compétences sont évaluées, comme le management, par exemple, en observant sa capacité à mener une équipe.

Du côté du candidat, cette immersion totale lui permet d’être moins stressé, donc plus fidèle dans ses réponses aux actes qu’il ferait dans la réalité. Ceci limite également les biais tels que l’effet de désirabilité, qui pousse un candidat à répondre en fonction de ce qu’il pense que son interlocuteur attend de lui. En effet, les serious game ne comportent pas de bonne réponse : c’est le cheminement qui est le plus important.

Enfin, les serious game garantissent une plus grande égalité entre les candidats puisque ces derniers évaluent avant tout les compétences. Les experts estiment que cela remet en cause et limite la première impression, négative ou positive, qui s’instaure lors d’un entretien physique.

Toutefois, il faut rester prudent quant à l’utilisation de cette technique pour le recrutement, car elle pose encore quelques interrogations, notamment en ce qui concerne le ressenti des candidats : Trouvent-ils vraiment cela plus juste ? En effet, la sensibilisation autour des sérious game est-elle suffisamment présente, pour convaincre du bien-fondé de cette technique? De même, on observe souvent une plus grande prise de risque lors des jeux de rôles. Ainsi, le candidat réagit-il vraiment comme il l’aurait fait dans la réalité face aux problématiques qui lui sont proposées ? Enfin, tout le monde n’est pas encore à l’aise avec les nouvelles technologies, qu’ils soient senior ou non, ce qui peut constituer un réel frein.

Si vous voulez optimiser la préparation de vos prochains entretiens, sachez qu’il existe un serious game de l’Association Pour l’Emploi des Cadres (APEC), permettant de simuler un entretien de recrutement !

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Rédactrice :Angélique AUMONT

Sources :  www.courriercadres.comwww.challenges.frwww.cadres.apec.frblog.seriousgame.be

Galois-Faurie Isabelle et Lacroux Alain, « Serious games et recrutement : quels enjeux de recherche en gestion des ressources humaines »

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