JEIC vous parle des différentes e-stratégies des candidats Hillary & Donald

Quelques heures après l’annonce des résultats de l’élection présidentielle aux États-Unis, JEIC a décidé de vous parler des points de divergence de la présence sur les médias sociaux des deux principaux candidats : Donald Trump & Hillary Clinton.

Ces deux candidats, controversés à leur manière, nous aurons fait vivre au cours de ces derniers mois, que ce soit aux travers de leurs campagnes de primaires respectives ou de la campagne présidentielle, une véritable révolution, notamment digitale. On peut assimiler ces élections à un show, créant de nouvelles règles en matière de communication politique, une autodérision exacerbée, une présence digitale constante, souvent le combiné des deux. Certains se demandent même si ces règles pourraient s’appliquer aux autres [démocraties] et si elles changeront la politique pour toujours.

C’est notamment au cours des primaires des deux partis, que deux talents en terme de communication digitale ont émergé ; Hillary et Donald. Ce n’est donc pas un hasard si nous avons retrouvé ces candidats en tant que représentants de leurs partis respectifs pour ces dernières élections, devenus des réels talents de la communication digitale après avoir été sélectionnés par leur parti. On the one hand, nous avons Hillary Clinton ainsi que son clan et leur présence sur les différents médias sociaux considérée comme à la fois extrêmement maîtrisée et « cool ». On the other hand, nous avons Donald Trump et ses coups d’éclats permanents, sa méthode de captation des médias, pour le meilleur comme pour le pire.

Democratic presidential candidate Hillary Clinton takes a selfie with supporters after speaking at a campaign rally in Las Vegas, Nevada February 14, 2016. REUTERS/David Becker - RTX26XWP

HILLARY CLINTON 

En avril dernier, lorsqu’Hillary Clinton a annoncé sa candidature à la présidentielle américaine par l’intermédiaire des réseaux sociaux, elle a généré au cours des 24 heures suivantes, près de 100 000 retweets et plus de 10 millions d’interactions sur Facebook. Ces chiffres étaient alors inédits et jamais égalés par ses concurrents.

La stratégie digitale est donc au cœur des préoccupations d’Hillary. Afin de gérer ses différentes plateformes, à l’image de Twitter, Facebook, Instagram, LinkedIn, en passant par Periscope et biens d’autres, on comptabilise pas moins de 150 salariés à temps plein. Misant sur les réseaux sociaux comme instruments de campagne à part entière et de l’image que ceux-ci pourraient lui apporter, il semblerait qu’elle et son équipe de campagne aient commis une erreur. En effet, le Daily Mail a révélé que 15% de ses followers sur Twitter ne seraient pas des personnes réelles et que son équipe aurait payé des internautes pour « aimer » certaines de ses publications Facebook. Considérons cela comme bon nous semble, mais cela illustre bien l’enjeu de la communication digitale dans l’esprit de la secrétaire d’État.

Sa stratégie digitale :

• Jouer sur les liens de filiations

Dans sa biographie Twitter, Hillary Clinton se définit comme épouse et mère de famille. Sa fille Chelsea, son mari Bill et elle-même relaient en famille ses messages politiques mais pas seulement. Ils se retweetent entre eux, ont des conversations « privées », désireux de montrer une famille unie et aimante, de faire de cette filiation et de cette normalité poussée à l’extrême, un atout.

• Rajeunir son image

Si Bernie Sanders avait réussi à mettre un jeune électorat dans sa poche, alors pourquoi pas elle ? Hillary Clinton ne refusera jamais un selfie avec ses sympathisants, cliché qui atterrira très certainement sur les réseaux sociaux et qui se relaiera sans qu’elle n’ait à intervenir.

• La « Star-Strategy »

En communiquant fréquemment avec de nombreuses célébrités pro-Clinton sur Twitter notamment, elle peut profiter de leurs dizaines de millions de followers. Ces vecteurs d’influence sont en effet de formidables relayeurs d’informations pour la candidate.

• Travailler son image

Le clan Clinton, en plus de parler de politique, aime à rappeler, et donc à poster, tout autres déplacements liés aux causes défendues par la candidate.

648x415_le_candidat_a_la_primaire_republicaine_donald_trump_le_14_decembre_2015_lors_d_un_meeting_a_las_vegas-1

DONALD TRUMP

Étant l’ennemi de nombreux médias, aux États-Unis comme ailleurs, Président Trump s’est servi des médias sociaux comme d’une arme au pouvoir viral, pour attaquer et créer, des polémiques. Ce dernier a bien perçu son intérêt à parler de lui-même, bombarder la toile de messages, véridiques ou non, afin de générer du clic, toujours du clic. Comme l’a tweeté, en Mars dernier, Dan Pfeiffer l’ancien conseiller en communication de Barack Obama ; « Trump est bien meilleur sur les réseaux sociaux que quiconque chez les républicains et c’est en grande partie la raison pour laquelle il est en train de gagner ».

Donald Trump apprécie particulièrement Twitter. Ce réseau lui permet d’user et d’abuser du dialogue direct avec ses followers. Il communique avec eux sans passer par son équipe de campagne, dictant lui-même ses tweets à ses community managers. En plus d’être un relai de ses messages et de lui permettre de communiquer sans filtre avec ses interlocuteurs, il utilise également Twitter afin de tester ses messages politiques les plus forts ou les plus controversés. En fonction des réactions du monde connecté, il peut jauger de la pertinence de ses messages, les réitérer au travers d’autres médias ou au contraire, les passer sous silence.

Sa stratégie digitale :

• Répondre aux attentes de son électorat

L’électorat de Donald Trump est en colère, ils attendent de lui des phrases chocs, offensives. Jamais il n’aura posté un post générant un consensus.

• De la spontanéité dans ses posts
Au cours de sa campagne, Donald Trump tweet 20 à 30 fois par jours et comme mentionné au préalable, en dictant lui-même, ne laissant pas leur mot à dire à son équipe, du moins lorsqu’il s’agit de répondre.

• User du live-tweet
L’ex-candidat ne se contente pas de parler de politique sur ses médias sociaux mais il fait en sorte de toujours se trouver à the place to be., tweetant en direct sur de grands événements à l’image des Oscars.

• Essayer et savoir se retirer
Tout au long de sa campagne, Donald Trump expérimente de nouveaux médias. Dans une mentalité très américaine, il n’a pas eu peur de faire machine arrière et de se retirer de ces réseaux si l’audience ne suit pas.

Quelques chiffres

Tableau chiffre Clinton/Trump15049871_10210717535075725_920923839_nSource : RFI

Cette campagne présidentielle américaine a donc marqué un tournant dans la stratégie de communication des politiques : les médias sociaux sont en effet devenus un terrain de campagne à part entière. Pour rappel, notons qu’en 2016, près des deux tiers des américains s’informent via les réseaux sociaux, soit 50% de plus qu’en 2012. A cette époque, le principal média social utilisé en politique était Facebook, et son intérêt relevait plus du relai d’information et d’une méthode de ciblage des électeurs. Cet outil aura d’ailleurs été particulièrement utile à Barack Obama.
Aujourd’hui, on estime à près de 5.5 milliards le nombre de publications, likes et partages concernant cette dernière élection, qui fait de cet évènement, le sujet le plus commenté de l’année.

En politique comme en entreprise, la présence digitale et sa stratégie prend une part de plus en plus importante et peut, selon toute vraisemblance et au regard des événements récents, participer à l’éviction d’un concurrent…

Rédacteur: Louis Dumestre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.